الخميس، 2 يناير 2020

أمنيات غالية للعام الجديد - مترجم إلى الفرنسية




Les vœux de ‘’Ghalia’’ pour la nouvelle année
Plume  l’écrivaine égyptienne: Reem Abou Eid
Traduction en langue Française : Salma Ben Yahia

Encore quelques jours et l’année prend fin pour laisser place à une autre nouvelle et comme à notre habitude, on accueille le nouvel an chargé de vœux et d’espoir que l’année qui commence soit meilleure et plus clémente que celle passée. Seulement, il faut savoir qu’on n’est pas les seuls sur cette terre à avoir des vœux et de l’espoir en une vie meilleure, calme, sereine et paisible, eux aussi espèrent vivre en paix bien que leurs vies soient trop courtes comparées à celles des humains. Ce sont les vœux de la très chère « Ghalia », dont je vous fais part et qu’elle est dans l’incapacité de formuler comme toutes ces âmes innocentes et pures qui vivent parmi nous. Ghalia dont je vous parle est un petite chienne des rues, nos si beaux chiens des rues. Ghalia c’est le nom que je lui ai donné, je l’ai connue depuis moins de deux mois et son âge ne dépasse pas les trois mois et malgré son départ prématuré elle a laissé un grand vide dans mon cœur et un grand et profond amour, tout comme tous les chiens des rues que je rencontre...oui, tous et sans exception, sont prêts à donner à ceux et celles qui les approchent, des sentiments sincères et un grand amour sans conditions ni contre partie. Ghalia avait un mois quand j’avais pris l’habitude d’aller tous les jours lui donner à manger ainsi qu’à toute sa famille et les autres membres de sa communauté, sereine et en totale confiance, je passais de bons moments à jouer avec eux sans peur ni crainte, ils ne m’ont jamais fait mal, ni menacé, bien au contraire ils se relayaient pour assurer ma garde et ma défense s’il le faut partout où je vais, ils n’ont pas été élevés ni entraînés sur ça et je ne le leur ai pas demandé non plus, ils le faisaient spontanément en signe d’amour envers l’amitié que je leur ai donné et en signe de reconnaissance face à ma compassion et à ma sollicitude. Il faut savoir qu’ils le font instinctivement et dieu a voulu qu’il en soit ainsi, le chien a été l’ami de l’homme depuis le début de l’humanité et a été voué à son humble mission qui est d’assurer la sécurité de son maître, celle de son foyer et plus encore : celle du quartier où il vit, et ce, gratuitement sans conditions et sans attendre de retour, même si leurs yeux sont pleins de vœux silencieux. Des vœux comme celles exprimés par l’âme de Ghalia en quittant ce monde, et que je vous transmets dans l’espoir que ça résonne un jour, dans vos cœurs et consciences. Ghalia est partie avant quelques jours de la fin de l’année mais un peu avant son départ, pendant un court moment sa respiration entrecoupée portait d’énormes vœux. Elle était tombée raide immobile un matin, précipitée, je l’ai emmené chez le vétérinaire le plus proche de chez moi, elle souffrait de douleurs atroces que son petit corps ne pouvait supporter, même si elle avait essayé de toutes ses forces de rester en vie après avoir reçu les premiers soins, elle s’est réveillée un petit moment et j’avais cru voir un espoir de survie dans ses yeux, elle essayait de s’accrocher à la vie mais le mal était plus fort qu’elle. Après un cri déchirant, elle s’est tue une fois pour toutes. Son cri était chargé de vœux pas encore réalisés pour elle et ses semblables qui vivent dans notre société. Ses vœux n’étant pas encore réalisés, elle les a envoyé au ciel accompagner son âme innocente dans son ascension vers l’au-delà auprès du créateur de cet univers. Ghalia est morte après avoir avalé un objet solide, jeté dans les tas de poubelles entassées dans la rue et qui lui a déchiré la paroi muqueuse de l’estomac et l’a fait souffrir deux jours durant jusqu’à ce que son âme ait lâché. Ghalia avait espéré vivre dans des rues propres sans détritus ni poubelles des humains, jetés sans aucune gêne et sans même penser que ça pourrait porter atteinte aux habitants qu’ils soient des êtres humains ou des animaux. Ghalia avait espéré que sa famille ainsi que tous les chiens des rues d’Égypte, trouvent la bonté et la tolérance chez les humains qui semblent avoir oublié que bien traiter les animaux est un devoir humain et religieux et non un confort ou un luxe comme il semble pour certains. Ghalia avait espéré une main tendre tendue aux chiots des rues pour leur donner ce sentiment de sécurité tant recherché et que paradoxalement les parents de ces chiots offrent aux humains ingrats, la garde de leurs maisons et rues en pleines nuits d’hiver alors que ces derniers dorment paisiblement dans leurs lits douillets, tandis que Ghalia et ses sœurs se collaient à leur maman pour chercher un peu de chaleur dans le froid des longues nuits d’hiver. Ghalia avait espéré ne voir aucun des siens souffrir le martyre et mourir à petit feu, empoisonné par une nourriture présentée par une main humaine traîtresse, puis laisse leurs cadavres jetés dans la rue pour les humilier encore plus que de leur vivant. Ghalia avait plein de vœux mais qui étaient tous reportés à une vie ultérieure. Ghalia est partie avec un doux sourire sur son petit visage qui, peut-être avait vu que l’au-delà était bien l’endroit le plus sûre pour elle et par le biais de son sourire, m’avait chargée de vous transmettre ses vœux pour le nouvel an. Je l’ai soigneusement enveloppé dans un drap qui date du temps de mon enfance comme si je la prenais dans mes bras, puis je l’ai enterré et mis dans sa tombe trois roses blanches au nombre des mois de sa courte vie et de la couleur de la pureté de son âme. Elle est morte pendant que je l’accompagnais, tout comme je l’avais souvent fait de son vivant en jouant avec elle pendant des heures et que je la laissais défaire les lacets de mes chaussures, son innocence me faisait mourir de rire. Je ne l’ai pas quitté depuis qu’elle était tombée malade, ni pendant les heures qui ont suivi sa mort et jusqu’à ce que je l’ai enterrée, j’ai voulu lui montrer qu’elle était vraiment chère, que son âme était chère et qu’elle portait bien son nom Ghalia et c’est exactement ce que je lui ai dit en la couvrant du drap de mon enfance, qu’elle était très chère et qu’elle n’était pas insignifiante comme le lui ont fait croire une majorité ignare d’humains sans cœur et sans éducation religieuse ni civique, qui ignorent que dieu avait créé cette terre pour tous ses êtres vivants. Ses vœux se limitaient à un traitement décent et aux besoins basiques d’un être vivant : une eau et une nourriture sans poison et sans objets tranchants qui porte atteinte à leurs vies. Elle n’espérait qu’une vie sûre sans menaces d’empoisonnement et sans torture jusqu’à la mort, sans recevoir de coups de pieds la renvoyant loin du chemin de monsieur l’être Humain qui passe par la rue où elle habite et qu’elle n’a pas choisi volontairement. Quant à mes vœux à moi pour elle et pour toute sa famille, dans notre rue et dans toutes les rues de notre pays, c’est qu’ils puissent avoir de petites maisons conçues spécialement pour eux, dans les quelles ils puissent se réfugier les nuits d’hiver et les longues journées de chaleur, mes vœux pour tous les chiens, que les humains leur tendent la main avec une nourriture sans poison et une eau propre à boire et qu’ils puissent vivre en paix. Et que tout membre de cette société, qu’il soit musulman ou chrétien, sache que le traitement décent de ces êtres vivants est un devoir et que dieu nous jugera pour notre comportement envers ces êtres vivants qu’il a mis parmi nous et qu’on a appelé ‘’animaux domestiques’’ en raison de leur fidélité et leur attachement à l’homme, surtout si ce dernier les traite convenablement et leur tend une main douce et tendre. Ces vœux demeurent chers à mon cœur ainsi que pour Ghalia, dans l’espoir de les voir se réaliser un jour.





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